PrisonniersParmi tous les titres de littérature jeunesse sortis ces derniers temps, j'ai découvert Prisonniers du chaos de Roland Godel

4e de couverture : Maxime va passer l'été de ses quinze ans sur une île, dans la famille de Maria et Ange, qu'il ne connaît pas. Un typhon s'abat sur l'île, les trois enfants sont bloqués en pleine montagne, seuls. 

Le jeune Maxime, habitant une région du Nord (on ne sait pas trop quelle région, ni quel pays), est envoyé par ses parents dans une île du Sud, pour les vacances. Un moyen de changer de cadre et de découvrir un peu la "vraie vie". L'instant de vérité ne tarde d'ailleurs pas à arriver, alors qu'un typhon ravage l'île. Maxime, Maria et Ange, coincés dans la montagne, tentent de regagner le village par leurs propres moyens mais le chemin est semé d'embuches et même de morts...

Il s'agit d'un récit initiatique : les adolescents, dans un contexte extraordinaire et particulièrement grave, vont devoir se prendre en charge, prendre des décisions difficiles et dépasser, au final, leur condition d'adolescents protégés, pour entrer dans l'âge adulte.  Le périple des trois adolescents va être parsemé d'obstacles, plus ou moins violents. Ils vont également devoir faire face à d'autres personnages et se confronter à leurs croyances, à leurs réactions et y opposer leurs propres choix.

La réflexion centrale de l'ouvrage tourne autour de la nature humaine : comment les hommes (de manière générique) se comportent-ils quand un évènement hors du commun arrive et que le chaos s'installe? Bien souvent, la réponse n'est pas très reluisante, les instincts les plus bas pouvant se révéler dans un tel contexte. L'homme oublie bien vite son statut d'animal civilisé pour retourner à un état beaucoup plus primitif dans lequel seule la lutte pour la survie compte. Dans un telle situation, il est souvent bien plus facile de se trouver un bouc-émissaire qui concentre les rancoeurs, ou encore de se réfugier dans les explications toutes faites et rassurantes, souvent offertes par la(les) religion(s). Le livre aborde ainsi les dérives d'une certaine forme de mysticisme. Par ailleurs, la catastrophe climatique qui entraine le chaos est aussi prétexte à s'interroger sur l'action de l'homme sur son environnement et sur les conséquences que cela engendre.

Malgré une écriture assez plaisante, le récit n'évite pas un certain nombre de poncifs. La réflexion est intéressante et aurait sans doute méritée quelques approfondissements. Les thèmes abordés le sont en effet de manière relativement superficielle.  Prisonniers du chaos reste tout de même un récit d'aventure qui tient relativement en haleine et qui est agréable à lire.