9782757815861J'ai découvert Green Zone de Rajiv Chandrasekaran grâce à un partenariat entre Livraddict et les Editions Points.

4e de couverture : Envoyé spécial à Bagdad, Rajiv Chandrasekaran a enquêté dans la Zone verte, cette "petite Amérique", créée pour acquérir les spécialistes chargés de faire de l'Irak un modèle de démocratie. Au cœur d'un pays dévasté par les bombardements et en proie à l'anarchie, l'auteur restitue le quotidien de ces Américains missionnés au nom de la liberté, pour mettre en place des projets impossibles.

Le livre vous éclaire sur cette "zone verte", partie de Bagdad enclavée (autour de l'ancien palais de Saddam Hussein, investi par les américains) et qui abritait, entre 2003 et 2004, les fonctionnaires et les militaires américains chargés, du moins en apparence, de réunir les conditions nécessaires à la mise en place d'une démocratie (laïque) en Irak. C'est une réalité sans doute peu connue qui nous est dépeinte dans cet ouvrage et on reste effaré par de nombreux détails ou anecdotes qui montrent la vie de ce petit bout d'Amérique en plein milieu de l'Irak. Les modes de vie et les croyances des irakiens sont, la plupart du temps, traités par le mépris : par exemple, l'auteur évoque au début du livre le fait que la nourriture, importée d'Amérique notamment par hélicoptère, comprenait la plupart du temps du porc (les côtelettes, les hot dog, etc.) et les employés irakiens se voyaient contraints de manipuler ce porc (quand ils travaillaient en cuisine) ou de le manger (ils étaient tenus de manger à la cantine) alors que c'est contraire à leurs croyances. L'ouvrage nous décrit ainsi les aberrations liées à cette gestion désordonnée des affaires irakiennes, sur fond de copinage ou au contraire de luttes politiques internes au gouvernement américain.

Ce récit nous est livré par un journaliste qui s'est entretenu avec beaucoup d'acteurs de ces évènements (des hauts fonctionnaires, des militaires, des dignitaires irakiens) et qui a passé beaucoup de temps en Irak, avant l'occupation des américains mais également après, comme il le précise à la fin du livre. J'ai lu certaines critiques du livre qui ont reproché au journaliste son ton neutre. Mais ici, je trouve que ce ton neutre est une qualité. Il n'a pas besoin d'en faire des tonnes ou de polémiquer, je pense que les faits se suffisent à eux-mêmes, tellement ils démontrent avec force l'absurdité et l'inanité de certaines situations.

C'est un livre que j'ai du lire vite, car j'étais pressée par le temps, mais il mérite qu'on s'y attarde et peut-être qu'on l'étaye par d'autres recherches. Car, et c'est peut-être le défaut qu'on peut lui imputer, l'auteur nous livre une quantité importante de détails et d'informations qu'il est parfois difficile de situer. Le nombre assez important de personnes qui sont évoquées m'a, par exemple, gêné (je n'ai pas la mémoire des noms ;-). La compréhension n'est donc pas toujours aisée, et je pense qu'il faut prendre son temps pour cette lecture, mais Green Zone reste un livre intéressant en de nombreux points.
Je remercielivraddict_logo_small et logo_points pour ce livre offert dans le cadre du partenariat.