Il y a quelques temps, je faisais partie d'un comité de lecture regroupant notamment des prof doc, des libraires, des bibliothécaires et des enseignants de lettres. A l'occasion de plusieurs de nos réunions, il a été question de Joyce Carol Oates, qui semblait être une auteure incontournable, que pour ma part je ne connaissais pas (mais l'étendue de mon ignorance est infinie ;-)). Du coup, au moment de me préparer une petite pile de livres pour les dernières semaines de ma grossesse et le séjour à la maternité, j'ai cherché un livre de JC Oates et choisi (un peu par hasard, il est vrai) Les Chutes, ouvrage paru à l'origine en 2004.

Les Chutes4e de couverture : Au matin de sa nuit de noces, Ariah Littrell découvre que son époux s'est jeté dans les chutes du Niagara. Durant sept jours et sept nuits, elle erre au bord du gouffre, à la recherche de son destin brisé. Celle que l'on surnomme désormais "la Veuve blanche des Chutes" attire pourtant l'attention d'un brillant avocat. Une passion aussi improbable qu'absolue les entraîne, mais la malédiction rôde...

J'avoue tout de suite avoir été bien déçue, mais peut-être n'ai-je pas choisi le bon roman. Je me suis ennuyée ferme les trois quarts du roman, j'ai trouvé le style un peu lourd, et j'ai finalement ramé pour le terminer ; car je n'aime pas ne pas finir un livre mais même la fin de l'histoire ne m'a pas paru bien intéressante...

Je trouvais pourtant que l'intrigue démarrait pas mal en attaquant le récit d'une manière originale : cette jeune mariée, veuve le lendemain de son mariage et qui erre près des chutes pour retrouver son mari, avait quelque chose de pathétique et de touchant qui permettait d'ouvrir sur la dimension humaine et psychologique. Je regrettais tout de suite qu'il n'y ait pas vraiment de prolongement dans le reste de l'ouvrage de cette scène d'ouverture pourtant déterminante. Le deuxième mariage est très brusque et pas du tout crédible, à mon avis. Le récit de la vie de cette femme repliée sur elle-même (et de ses enfants) me parait ensuite insignifiant.

Le seul ressort de l'histoire qui m'a paru intéressant concerne cette affaire de pollution dans laquelle le deuxième mari, avocat, se débat afin de faire entendre, en vain, la voix des victimes. Cela rappelle un peu l'affaire d'Erin Brokowitch d'autant plus qu'à l'époque où se situe l'histoire (les années 50-60), il était très difficile de faire émerger des affaires de ce genre, et impossible (comme le montre bien le livre) pour les victimes de se faire entendre et encore moins d'être dédommagées.

En bref, une déception, donc... peut-être d'autres ouvrages de cette auteure me conviendraient mieux? Mais du coup, je suis un peu frileuse à l'idée de recommencer l'expérience...