La rentrée a été rude et le temps a manqué pour écrire des messages mais il n'a pas manqué pour lire des livres !

ce_que_je_sais_de_vera_candidaJe n'avais pas encore lu Ce que je sais de Vera Candida de Véronique Ovaldé, qui a remporté un certain nombre de prix et notamment le Renaudot des lycéens 2009 ; c'est aujourd'hui chose faite !

4e de couverture : Quelque part dans un pays imaginaire d'Amérique du Sud, trois femmes d'une même lignée semblent promises à un destin similaire : enfanter une fille sans jamais pouvoir révéler le nom du père. Elles se nomment Rose, Violette et Vera Candida. Chacune à sa manière se bat pour faire honneur à ce qu'elles sont : des mères affranchies, bien décidées à se choisi elle-même leur destinée. Dès sa quinzième année, Vera Candida décide de quitter l'île de son enfance pour la ville de Lahomeria. Son échappée belle sonne comme le symbole d'une vue nouvelle, où l'on peut abroger le passé et penser à l'amour...

On suit donc rapidement le destin de Rose et de sa fille Violette, mais le cœur de l'histoire est évidemment le personnage de Vera Candida. Alors qu'elle découvre qu'elle est enceinte à 15 ans, elle décide de partir de l'île qu'elle a toujours connue pour se rendre sur le continent. Si on ne sait pas au départ qui est le père du bébé, on pressent que cet enfantement cache un lourd secret... qui ne sera révélé que dans les dernières pages. Mais ce n'est pas vraiment ce secret qui est l'intérêt du récit, c'est plutôt les pérégrinations de cette adolescente, seule, sans argent qui cherche à élever sa fille et à se faire une place, dans la décence. C'est le récit d'une lutte quotidienne, à l'échelle de l'individu. C'est aussi l'histoire des rencontres de Vera Candida, qui vont rythmer son exil : des femmes qui vont l'aider à trouver un toit alors qu'elle sort de l'hôpital avec son bébé  sous le bras, à l'homme qui va lui permettre de connaître l'amour et de se construire une vie paisible et sécure.

J'ai trouvé le style relativement atypique et charmant, même si (ou plutôt parce que) l'auteur ne tente pas de faire de grandes phrases. C'est un style plutôt direct, qui s'affranchit par moment des règles de la ponctuation (notamment pour les dialogues et les pensées des personnages) mais ce n'est pas une critique : cela va bien avec le récit et avec la manière qu'a l'auteur de décrire les évènements. On se laisse au final saisir par le rythme de l'histoire. Les personnages que nous livre Véronique Ovaldé sont attachants, notamment par leurs défauts, dont ils sont loin d'être exempts.

J'ai aimé ce roman et je pense qu'il méritait d'être remarqué. Je trouve que c'est un bon choix de la part des lycéens, et je vais donc m'empresser de le commander pour le CDI de mon établissement, vu qu'il n'est pas encore dans le fonds ;-)