729583_gfVoici ma quatrième lecture dans le cadre du Big Challenge Livraddict 2010 : Geisha d'Arthur Golden.

4e de couverture : A neuf ans, Sayuri est vendue par son père à une maison de plaisir de Kyoto. Dotée d'extraordinaire yeux bleux, la petite fille se plie avec docilité à l'initiation difficile qui fera d'elle une vraie geisha. Art de la toilette et de la coiffure, rituel du thé, science du chant, de la danse et de l'amour : Sayuri va peu à peu se hisser au rang des geishas les plus convoitées de la ville.

J'ai beaucoup aimé ce récit qui nous fait entrer (du moins, pour ma part) dans un monde totalement étranger voire étrange, puisque je connais peu la culture Japonaise et notamment l'histoire assez particulière de ces geishas.

Le récit débute donc par l'enfance de Chiyo, très jeune fille, dont la mère est très malade, et dont le père, pêcheur, gère sa famille avec difficulté dans ces circonstances particulières. Le destin de Chiyo bascule lorsqu'elle rencontre Mr Tanaka, homme important de son village natal. Celui-ci, voyant son extrême pauvreté et l'état dans lequel se trouve sa famille, décide de lui venir en aide mais d'une manière assez surprenante : il convainc son père de vendre Chiyo à une Okiya, maison qui prend en charge la formation d'une Geisha mais qui, en contrepartie, vit sur les cachés rapportés par celle-ci. Chiyo se révolte dans un premier temps, mais comprend vite qu'elle n'est pas de taille à lutter. Elle deviendra une Geisha, et se nommera Sayuri.

La première partie du récit émeut car il rend compte de la souffrance de cette petite fille qui débarque dans un monde totalement étranger et qui cherche tous les moyens de s'enfuir pour retrouver sa sœur et ses parents. La souffrance de Chiyo est bien mise en perspective et en devient presque palpable. Par la suite, c'est la découverte d'une tradition très ancienne qui est au cœur de l'histoire. Pour ma part, je n'avais qu'une idée assez lointaine de ce qu'est une Geisha, dont le terme reste attaché à celui de prostituée, même si ce n'est pas réellement ça. La Geisha se fait effectivement entretenir par les hommes, mais elle est aussi une femme d'art : elle doit apprendre la danse, le chant, la musique, mais aussi l'art de la conversation, car son premier rôle est de divertir les clients des maisons de thé grâce au charme de ses paroles. Par ailleurs, elle peut devenir la maitresse d'une homme, son danna, qui va ensuite subvenir à ses besoins et devenir son protecteur.

J'ai découvert cette culture avec beaucoup d'intérêt : la cérémonie du thé, les atours portés par la Geisha, le maquillage, les relations avec les hommes mais également avec les autres Geishas, et le système hiérarchique qui régit tous ces aspects. J'ai été assez surprise et quelque peu choquée des pratiques visant la mise aux enchères de la virginité d'une apprentie Geisha. Les jeunes filles qui se préparaient à être Geishas étaient vouées à une vie assez difficile. Évidemment, l'histoire est aussi parsemée d'évènements et de rebondissements liés à la vie de Chiyo-Sayuri, les jalousies voire les haines qui l'entourent, sa quête pour retrouver sa famille, sa volonté de faire du président, dont elle est éprise, son danna.

On suit donc la vie de Chiyo avec intérêt et émotion tout au long du roman. Ce livre a été une très belle découverte, à tous les niveaux. J'ai eu du mal à m'en détacher. La beauté et le charme dont est empreint le récit, m'ont vraiment touchée, même si, évidemment, le statut de la femme n'est pas forcément toujours à son avantage (mais le livre débute dans les années 30, et la place de la femme était très éloignée de ce qu'elle est aujourd'hui). On retient toutefois plutôt la force et la détermination de Chiyo malgré les épreuves, qui lui permettront de trouver un sens à sa vie. En conclusion, Geisha est un livre que je conseille !

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