tobieJe viens de terminer la lecture de Tobie Lolness Tome 1 : La vie suspendue (2006) de Timothée de Fombelle et illustré par François Place, et je dois dire que j'ai beaucoup apprécié !

4e de couverture : Se cachant au creux des écorces, courant parmi les branches, épuisé, les pieds en sang, Tobie fuit, traqué par les siens... Tobie Lolness ne mesure pas plus d'un millimètre et demie. Il appartient au peuple qui habite le grand chêne depuis la nuit des temps. Parce que son père a refusé de livrer le secret d'une invention révolutionnaire, sa famille a été exilée, emprisonnée, condamnée à mort. Seul Tobie a pu s'échapper. Mais pour combien de temps?

Le récit a plusieurs facettes : on retient en premier lieu, le roman d'aventure, plein de péripéties et qui tient en haleine... On a plaisir à suivre le périple de Tobie qui tente d'échapper au terrible Jo Mitch et à ses acolytes. Le début du roman est construit en flashbacks habiles qui permettent de comprendre pourquoi Tobie en est venu à être pourchassé comme un animal par une horde d'hommes sans foi ni loi.

On note également le plaidoyer contre la folie de certains hommes qui détruisent consciemment leur environnement par pur égoïsme : pour la richesse, le pouvoir ou le simple plaisir de causer malheur et destruction... et scient donc la branche sur laquelle ils sont assis (pour faire un jeu de mot avec la thématique du livre ;-) ... On pense donc à l'actualité et au problème actuel autour de l'environnement, le réchauffement climatique, la pollution, la pauvreté... je trouve que l'histoire fait appel à des réflexions profondes tout en échappant (généralement) à la caricature, même si évidemment, les traits dominants des personnages sont assez marqués, un certain nombre d'entre eux révèlent toutefois leur complexité, se tournant vers "le côté obscur de la force" par opportunité, lâcheté ou pour protéger des proches tout en conservant leur humanité.

Le père de Tobie, le professeur Lolness figure un prophète bien mal compris : il tente de mettre en garde son peuple contre ceux qui portent atteinte à la vie de l'arbre et à l'équilibre de toute la communauté qui s'y est établie... mais ses congénères, aveuglés par la perspective du progrès technique et du confort qu'ils imaginent en découler, ne l'entendent pas et pire, le considèrent comme un traitre parce qu'il ne veut pas révéler le secret d'une invention que certains convoitent avec de noirs desseins en tête. Les réflexions autour de ces thématiques écologiques et sociales sont assez finement amenées même si évidemment, il n'est pas possible de mettre en scène la complexité du problème tel qu'il est dans la réalité.

Le livre parle aussi d'amitié et de trahison : celle qui découle de la méchanceté ou simplement de la lâcheté. Tobie se retrouve bien seul dans son périple et se rend compte qu'on ne peut compter que sur bien peu de personnes en dehors de soi-même. Il est également question de tolérance à travers la destinée du peuple de l'herbe qu'on nomme les Pelés, méconnus et persécutés car devenus les boucs-émissaires d'un monde violent : ils sont désignés comme étant l'origine du mal qui ronge l'arbre alors qu'ils sont pacifiques et n'ont rien à y voir. Le phénomène de la foule est aussi abordé et la flambée de violence qui lui est souvent associée : les hommes qui s'assemblent pour trouver Tobie se laissent bien souvent emporter par une agressivité toute animale.

J'ai beaucoup aimé le style et la poésie qui se dégage de l'ensemble. Je trouve qu'il s'agit d'un roman jeunesse de qualité et qui prouve encore une fois qu'on peut proposer aux enfants / adolescents des œuvres qui ne tombent ni dans la facilité ni dans la mièvrerie.

Un deuxième tome intitulé Les Yeux d'Elisha a été publié en 2007. Il ne me reste plus qu'à l'emprunter ;-)