9782253004752Découverte n°2 dans le cadre du Challenge LivrAddict 2010 : Les Hauts de Hurle-Vent d'Emily Brontë. Pour commencer une petite parenthèse : quand j'ai acheté le livre, un joli bandeau rouge l'entourait sur lequel il était inscrit (en gros, je ne l'ai pas gardé) "Le livre préféré de Bella (Twilight)" (ah, le marketing agressif ;-). Bon déjà, ça commençait mal... ça ne m'a pas donné plus envie de le lire, bien au contraire !

4e de couverture : Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l'ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s'approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu'au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste. Ce roman anglais, le plus célèbre du XIXe siècle à nos jours, a été écrit par une jeune fille qui vivait avec ses sœurs au milieu des landes de bruyère. Elle ne connut jamais cette passion violente ni cette haine destructrice. Elle imagina tout, même le fantôme de la femme aimée revenant tourmenter l'orgueilleux qui l'a tuée.

Cette histoire est donc avant tout une histoire de vengeance, tenace et qui emporte tout sur son passage. Une vengeance née de l'humiliation et de l'amour trahi. Heathcliff est un enfant trouvé, sans le sou et sans éducation : c'est de cet état de fait que nait le mépris dont son entourage fait preuve envers lui. Et  Catherine, la femme qu'il aime et dont il est aimé, n'envisage à aucun moment de se marier avec lui, car ce serait s'abaisser dans l'échelle sociale et dans sa propre estime. Elle finira donc par en épouser un autre, riche, et éduqué mais qu'elle n'aime pas vraiment. Heathcliff n'aura alors de cesse que de devenir un homme riche et important (on ne saura d'ailleurs jamais de quelle manière) afin de revenir dans la vie de Catherine et de faire regretter à toute sa famille sa conduite envers lui.

J'avoue ne pas vraiment avoir apprécié ce livre. Le problème réside peut-être dans le fait que j'ai commencé ma série "romans classiques anglais" avec Orgueil et préjugés, qui, je trouve, est aux antipodes de cet ouvrage. En premier lieu,  Les Hauts de Hurle-Vent est un roman fermé, avec peu de personnages (il s'agit de deux familles seulement), dont l'histoire est repliée sur un lieu relativement unique (même s'il s'agit de deux maisons, elles se situent à quelques encablures l'une de l'autre et sont présentées comme formant un tout).

Alors que le roman de Jane Austen est une critique sociale et dépeint une société hypocrite et, très hiérarchisée, celui d'Emily Brontë est au contraire beaucoup plus psychologique que social. On ne sait rien ou  presque de la société globale dans laquelle évoluent les personnages, très repliés sur eux-mêmes. Cela tient peut-être au fait qu'Emily Brontë elle-même ait vécu en quelque sorte une vie de recluse, en marge de la société. Et même si c'est le sentiment de sa propre condition sociale qui pousse Catherine à s'éloigner de Heathcliff et donne le départ à cette volonté de vengeance, ce sont plus les sentiments et la psychologie de ce dernier qui, à mon sens, sont au cœur du roman.

Bref, je n'ai pas vraiment accroché même si je reconnais les qualité d'écriture d'Emily Brontë. Ce roman, très noir et très glauque au final ne m'a pas vraiment plu. Je n'ai eu d'affection pour aucun des personnages, tous plus égoïstes et prétentieux les uns que les autres et les rares qui échappent à ces traits de caractère sont dépeints comme des êtres faibles et sans intérêt... L'auteur ne semblait pas avoir de réelle compassion pour ses personnages... et du coup, le lecteur non plus.

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